Barulhos

pièce pour 6 danseurs – création 2022

Barulhos

Ce titre signifie, Bruits en portugais (brésilien). Il faut ici le prendre et l’entendre comme une expression issue des quartiers populaires. Ainsi, lorsque quelqu’un nous baratine, nous raconte des mensonges, parler pour ne rien dire, on dit en Afrique qu’il fait du bruit…

Au Brésil, on utilise ce mot pour parler de vacarme, des sons et bruits de la ville.

Généralement le bruit se définit par la gêne qu’il produit, il est donc ce qui doit être exclu de l’espace, du quotidien. Il est ce qui doit cesser lorsque les lumières s’éteignent sur la ville et du silence qui doit alors régner. Il est ce que l’on refuse d’écouter, bruit de son voisin, du métro souterrain, des gens qui dansent… Bruits des autres !

Mais ces bruits qui dessinent un fond sonore et indiquent la persistance du monde et du temps qui passe sont pour moi, des vibrations et des rumeurs du monde. Ils nous racontent aussi notre société.

Avec Barulhos, je cherche à capter avec le corps, l’énergie de ces fragments, ces craquements du monde.

Des corps en réaction, en résonance

Les sons sont d’abord des vibrations qui se propagent dans l’air et atteignent ainsi nos tympans. Ils peuvent aussi nous parvenir sous l’eau ou sous terre, car les vibrations voyagent dans les liquides et les solides plus vite que dans l’air. Ils nous alertent !

C’est pourquoi encore aujourd’hui, certains collent leur oreille au sol pour écouter venir un bruit de pas ou de véhicule au loin, bien avant que le vent ne l’apporte. Et c’est aussi pourquoi les vibrations sonores résonnent dans notre corps, principalement composé d’eau, en passant par la peau et les os.

Dans Barulhos, j’imagine un dispositif sonore singulier réparti dans l’espace qui apportera une sensation d’immersion, un va et vient entre l’intérieur et l’extérieur, le bas et le haut, le jour et la nuit. Il réveillera les muscles, il excitera les esprits et les corps, il organisera l’ordre et le désordre…

Ce dispositif sera un vrai support sur lequel je m’appuierai pour imaginer et penser les corps dans l’espace. Il sera un véritable partenaire sur scène. Je veux dire par là que sans lui, je ne raconterai pas la même histoire. Il fera office de scénographie et créera du sens.

distribution

direction artistique chorégraphie bouba landrille tchouda / assisté de lyli gauthier /interprétation en cours / musique  yvan talbot / scénographie rodrigue glombard / lumière fabrice crouzet / costumes claude murgia / régie son victor severino / attaché de presse elektronlibre – olivier saksik

production : Compagnie Malka / coproduction (en cours) : centre chorégraphique national de Rillieux-la-pape, direction Yuval PICK /  mc2:grenoble, scène nationale / château rouge annemasse / le grand angle de voiron / forum meyrin (suisse)

soutiens de : le rive-gauche / saint-etienne-du-rouvray – cie la baraka / la chapelle – abou lagraa & nawal aït benalla